La création d’un livre est un travail complexe, aussi créatif que technique. Les trois éléments les plus importants sont : le manuscrit, l’image de couverture et bien entendu le choix du papier. Ce dernier point aura un impact sur l’expérience tactile et visuelle de vos lecteurs.

Choisir son papier c’est aussi important que de choisir ses mots. Un papier se caractérise par sa composition, son grammage et sa finition. Il n’existe pas de papier standard pour tous les types d’impression. Les papetiers proposent une large variété de supports qui avec le temps sont devenus des standards pour chaque média. On n’imprime pas un faire-part de mariage sur le même papier que le Journal de Montréal.

Dans cet article, nous allons tenter de dresser un panorama complet des différents papiers utilisés dans l’industrie.

On peut produire du papier à partir de toutes sortes de fibres naturelles qui contiennent de la cellulose : depuis les chiffons de coton à l’origine des premières sortes de papier, jusqu’au chanvre pour les papiers bible. On peut aussi trouver des papiers produits à partir de bambou, de fibres de noix de coco, de papyrus bien entendu, ou même de paille. L’industrie utilise essentiellement des papiers produits à partir de fibres de bois.

Les papiers intérieurs

Pour l’intérieur de votre livre, vous disposez chez Rapido d’un bon éventail de papiers et nous allons vous aider à mieux les identifier. Tout d’abord, il existe deux grandes familles de papier : les papiers non-couchés et les papiers couchés.

Les papiers couchés (ou coated en anglais) sont des papiers dont les fibres microporeuses sont recouvertes par une fine couche de minéraux qui donnera au papier un aspect plus lisse, plus opaque et plus blanc. Cette couche assure également une meilleure imprimabilité, notamment pour les images qui réclament une certaine finesse d’impression. L’aspect du papier couché peut être mat, satiné ou brillant.

Les papiers non-couchés (ou uncoated en anglais) sont quant à eux des papiers dont la surface n’est constituée que de fibres. Plus poreuse et plus irrégulière, cette surface est celle qui apporte le meilleur confort de lecture pour les livres en noir et blanc.

Le papier couché

C’est à la fin du du processus de production que l’on ajoute une couche minérale sur la bande de papier. C’est elle qui donnera au papier cet aspect lisse et plus blanc. Le fini de cette couche dépend du calandrage effectué sur la surface du papier après le dépôt de la couche. La calandre est un cylindre dont la surface ressemble à une grille. Par son mouvement latéral elle exerce une sorte de ponçage sur la surface du papier. Si vous ne l’utilisez pas, le papier sera mat. Si vous lui donnez une légère oscillation latérale, il sera satiné et si celle-ci est plus rapide, la surface du papier sera brillante.

Autrefois cette couche était composée de kaolin, mais la pression sur les coûts a entraîné son remplacement par du carbonate de calcium. Le kaolin avait pourtant de bien meilleures propriétés mécaniques : surface plus lisse, meilleure couverture des fibres et moindre sensibilité au phénomène de tuilage en impression heatset (rotative offset).

Un papier couché aura une surface sans irrégularités et donnera ses meilleurs résultats dans les livres comportant des illustrations. Il est également utilisé pour les magazines et les documents publicitaires. Notez bien que le papier couché est toujours plus souple et plus fin que les papiers non-couchés, puisque les fibres ont été aplanies.

On peut parfois utiliser le papier couché dans des livres en noir et blanc, pour ce qu’on appelle les hors-texte, c’est-à-dire des cahiers de 8 ou 16 pages dans lesquels seront regroupées toutes les illustrations. Pour cet usage, chez Rapido nous recommandons d’utiliser le Silk 160M pour tous les livres en format 6 X 9 ou inférieurs. 

Le papier non-couché

Le papier non-couché est communément utilisé pour le papier d’écriture (bureautique), les journaux et pour les livres noir et blanc.

 

Le papier offset

Le papier offset est un papier de type non couché. Il peut comporter des traces de bois ou non, ou encore provenir d’un processus de recyclage. Dans tous les cas, il se caractérise par sa surface irrégulière, son aspect mat, sa blancheur moindre, sa moins grande opacité et son moindre coût.

La pâte peut provenir du recyclage du papier ou de fibres neuves. On dit qu’il s’agit de pâte mécanique si la transformation du bois est assurée par simple broyage, ou bien de pâte chimique si elle est produite par chauffage et ajouts de produits chimiques. Certains papiers comportent 100 % de pâte recyclée comme l’Enviro Book, d’autres peuvent comporter une part plus ou moins importante de pâte recyclée pour compléter les fibres neuves. Pour voir tous nos papiers et leurs suggestions d’utilisation, cliquez ici.

Rapido met à votre disposition du papier crème, appelé aussi opaque. Il est souvent utilisé pour les recueils de poésie.

Remarque : les papiers recyclés ont une blancheur moins élevée du fait qu’ils comportent des impuretés. D’une fabrication à une autre, la nature des apports en papier usagés n’est jamais tout à fait la même et malgré la rigueur des processus industriels il peut y avoir de légères variations. Nous déconseillons ce type de papier pour des impressions couleur, mais si votre livre comporte des illustrations peu colorées et que vous suivez un parti pris créatif, il vous permettra de donner au livre un aspect un peu plus brut.

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Papier bouffant

Le papier bouffant fait partie des papiers offset. Ce papier se caractérise par des fibres beaucoup plus volumineuses que le papier offset standard. On dit alors qu’il a une main (épaisseur) plus élevée car il est plus épais à poids égal. Cela peut aller jusqu’à deux fois plus qu’un papier offset standard. À noter que ce papier est plutôt difficile à trouver en Amérique du Nord du fait de sa faible utilisation.

 

Le papier recyclé

Contrairement aux idées reçues, le papier recyclé n’est pas la panacée universelle qui permettrait de ne plus jamais couper d’arbres pour produire du papier. Tout d’abord, le papier n’est recyclable que trois fois – une ou deux fois pour le papier d’impression – pour des raisons de qualité. Les recyclages suivants permettent de produire des cartons pour l’emballage et des matériaux pour la construction comme pour les plaques de gypse ou même l’isolation des maisons avec de la ouate de cellulose.

Le papier recyclé est un excellent débouché qui évite la destruction du papier. C’est d’autant plus important que le papier est un excellent piège pour les molécules de CO2 qui ne seront libérées que si on le détruit par combustion.

En général, on choisit d’utiliser ce papier pour des raisons de coûts ou parce qu’on est sensible à la question du recyclage.

 

Papier écologique

Le papier écologique n’est pas nécessairement du papier recyclé. Lorsqu’il provient de forêts gérées durablement et que le processus de sélection et de traitement respecte les critères exigés par l’agence FSC (Forest Stewardship Council), il permet de garantir une utilisation respectueuse de l’environnement. L’étiquette FSC permet d’authentifier les processus et la provenance du papier utilisé, ce qui est le cas pour la plupart des papiers utilisés en Amérique du Nord.

L’exploitation forestière et l’industrie de la transformation du bois intègrent de plus en plus d’exigences environnementales. La diversité des espèces est une des questions qui se posent dans cette période de réchauffement climatique car elle permet à la forêt de mieux s’adapter et de préserver la biodiversité, comme l’explique Christian Messier, directeur scientifique de l’ISFORT (Institut des Sciences de la Forêt tempérée) et professeur à l’UQO et à l’UQAM dans le dernier numéro de la revue Quatre Temps éditée par le Jardin Botanique de Montréal. Les forêts de culture tendent maintenant à diversifier la nature des plantations.

Qu’est-ce qui fait jaunir le papier ?

Le phénomène se produit en raison du contact du papier avec l’air ambiant. Le papier est constitué de fibres végétales : la cellulose, l’hémicellulose et la lignine. Cette dernière molécule qui confère sa rigidité au papier a tendance à s’oxyder, et donc à jaunir à l’air libre. C’est le même principe que vous observez avec une pomme quand vous la pelez et que vous la mangez quelques heures plus tard. Les papiers les moins coûteux, comme le papier journal et le papier offset contiennent plus de lignine que les papiers couchés et jaunissent par conséquent plus vite.

Le processus de fabrication du papier consiste à éliminer la plus grande part des fibres de lignine en les séparant de la cellulose. Auparavant on utilisait pour cela des acides. Aujourd’hui les papetiers utilisent plutôt des traitements à l’hydrosulfite de sodium ou à l’ozone pour des questions de santé et d’environnement. Les produits polluants comme l’acide ont été supprimés, d’autant qu’ils réduisaient également la durée de vie du papier.

Le papier de couverture

Le papier de couverture est en général un papier couché sur une seule face et il à un grammage supérieur à 224 g/m2. C’est pour cette raison qu’il est classé dans la catégorie des cartes couchées, qu’au Québec on appelle aussi carton. Plus épais, plus solide et plus lourd que le papier d’intérieur, il n’est utilisé que pour la couverture du livre.

Chez Rapido, nous travaillons avec 3 types de papiers de couvertures :

  • Le papier 10 pts couché une face ;
  • Le papier 12 pts couché une face ;
  • Le papier 10 pts offset crème non-couché.
    Ce papier est souvent utilisé pour les livres de poésie afin de mieux s’harmoniser avec la couleur du papier intérieur qui est souvent du papier offset crème. Il procure également un côté créatif pour certains types de couverture. Il faut toutefois limiter la charge d’encre sur ces papiers car ils sont fragiles aux rayures (grafignes).
Sens du grain, ou sens des fibres du papier

Voici un sujet très important. Il faut toujours que les livres de format inférieur ou égal au format 6 X 9’’ soient imprimés dans le sens des fibres, faute de quoi, le lecteur aura de la peine à tourner les pages. Pour des grands formats, lorsque la largeur mesure au moins 8’’, le problème est peu perceptible.

Chez Rapido toutes les couvertures sont imprimées dans le sens des fibres et tous les intérieurs des livres noir et blanc le sont également.

Mais que signifie au juste cette expression de sens des fibres ? Cela veut dire que les fibres de cellulose sont toujours parallèles au dos du livre. C’est ce qui assure une meilleure souplesse au livre et permet à la couverture de s’ouvrir plus facilement. Si vous regardiez le papier avec un microscope, vous pourriez constater que le papier est un enchevêtrement de fibres, semblables à des cheveux. Dans le processus de fabrication du papier, elles s’orientent dans le sens de défilement de la machine à papier.

Courbure de couverture et épaisseur du papier

Beaucoup de gens pensent qu’en utilisant un papier 12 pts au lieu d’un 10 points, l’effet de courbure de la couverture sera réduit. C’est pourtant faux. Cet effet peu esthétique peut avoir plusieurs causes : de mauvaises conditions de production, des écarts d’humidité et de température dans le processus de production puis de transport du livre. Les reprises d’humidité se traduisent souvent par cette courbure qu’un bon imprimeur parvient à juguler convenablement dans la plupart des cas, hormis lorsque les conditions météo sont trop instables (grand froid ou temps orageux).

Lorsque les livres ont été produits dans des conditions optimales et qu’ils ont été bien emballés, le phénomène tend à disparaître dès que les conditions météo se stabilisent.

Rien de mieux qu’une petite expérience pour mieux comprendre : placez une planche de contreplaqué sur des tréteaux et appliquez lui une couche de peinture à l’eau. Après quelques heures de séchage, vous observerez une courbure importante du bois. Si après séchage vous peignez alors l’autre côté de la planche avec la même peinture, elle reprendra sa forme originale. Alors, vous pensez peut-être qu’il serait plus simple de laminer les deux côtés du papier de la couverture ? Mais ce serait impossible pour la bonne et simple raison que la colle ne se fixerait alors plus correctement sur la couverture.

Qu’est-ce que le grammage du papier?

Le grammage est une mesure de masse par unité de surface, soit le gramme par mètre carré (g/m2). Plus le grammage est bas, plus le papier est léger et souple. Plus il est élevé, plus le papier est lourd et rigide. Le grammage équivaut donc au poids par mètre carré de surface. Le choix du grammage du papier est presque aussi important que le choix du papier lui-même. Au Québec, on utilise plus volontiers la mesure en M et lbs au Canada anglophone. Le calcul est un peu compliqué. Retenez qu’un papier 140M équivaut à peu près à un papier 100 gsm et qu’un 110M correspond à un 80 gsm.

Imprimer avec Rapido Livres

Vous pouvez consultez nos recommandations au sujet des différents papiers selon le genre de livre ici ou contactez notre équipe de professionnels de l’impression dès maintenant.
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